Si
j'avais su !!!
Vous êtes majeur? Si oui, peu importe votre âge,
votre état de santé et vos activités,
vous devriez avoir un "mandat en cas d'inpatitude".
Voici des cas réels et fictifs de situations très
communes pour illustrer l'importance du mandat d'inaptitude.
En
rédigeant un mandat on ne devient pas inapte pour autant...

de votre mandat
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d'un mandat sauvegardé
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Les cas (cliquez pour lire les textes)
Cas
1
Joanne
et Line sont deux grandes amies, elles se connaissent depuis
qu’elles sont toutes petites. Elles aiment toutes les deux
faire de la plongée sous-marine et elles pratiquent
régulièrement ce sport. Elles sont conscientes
que ce sport comporte des risques mais elles sont prêtes
à en assumer les conséquences. Il y a trois
semaines, Line a indiqué à Joanne qu’elle avait
au début de septembre rédigé un mandat
d’inaptitude. Son mandat se trouve dans le classeur de son
appartement. De plus, Joanne apprend que c’est elle qui a
été nommée mandataire pour prendre les
décisions relatives à la protection de sa personne.
À cet effet, elle a précisé qu’elle voulait
que tous les soins visant à la maintenir en vie artificiellement
soient refusés.
Lors
de leur dernière expédition de plongé
un accident s’est produit et Line a dû être hospitalisée.
À cause du manque d’oxygène son cerveau a subi
des dommages irrémédiables et elle est maintenue
en vie par un respirateur artificiel. Les parents de Line
refusent que le médecin débranche le respirateur
et ce, même si Joanne leur a indiqué que c’est
ce que Line aurait voulu. Cependant, comme Line a fait un
mandat d’inaptitude, le consentement aux soins et donc la
possibilité de refuser d’être maintenue en vie
artificiellement reviendra à Joanne qui a été
désignée dans le mandat.
Grâce
à son mandat fait en prévision de son inaptitude
les désirs de Line pourront être respectés.
En l’absence d’un tel mandat, c’est les parents*
de Line qui auraient eu le droit de prendre les décisions
relatives aux soins donnés à celle-ci.
*
(Soyez avisé qu'à défaut de mandat et en l'absence
de régime de protection, ce sont, dans un ordre hiérarchique,
le conjoint, à défaut de conjoint ou d'empêchement de ce dernier,
un proche parent ou une personne qui démontre pour le majeur
un intérêt particulier qui seront appelés à consentir ou non
aux soins requis par son état de santé.)
Cas
2
Véronique
est une jeune mère monoparentale de 27 ans. Sa fille
Camille a présentement trois ans et demi. Véronique
habite un petit appartement avec sa fille et ne possède
pas beaucoup de biens malgré le fait qu’elle travaille
à temps plein. Personne n’a jamais su qui était
le père de la petite fille. Lorsque Véronique
doit faire garder Camille en dehors des heures d’ouverture
de la garderie elle va la porter chez sa sœur Claude qui a
une petite fille de quatre ans. Elle évite de laisser
sa fille chez ses parents puisqu’elle sait que son père
a un tempérament violent. Il y a environ six mois,
Véronique a demandé à sa sœur si elle
voulait prendre soin de Camille s’il lui arrivait quelque
chose. Claude lui a indiqué que cela lui ferait plaisir.
Véronique n’a pas consigné par écrit
le fait qu’elle veuille que ce soit Claude qui prenne en charge
Camille, sa sœur lui ayant indiqué son accord cela
lui suffisait.
Il
y a trois semaines en sortant de son travaille Véronique
a manqué une marche et elle est tombée dans
l’escalier la tête la première. Lorsqu’elle s’est
éveillée, elle était complètement
déboussolée et pouvait à peine parler.
Les médecins estiment qu’il lui faudra au moins deux
ou trois ans avant qu’elle ne soit en mesure de s’occuper
d’elle-même et de prendre les décisions s’y rapportant.
Pour cette période, ils estiment nécessaire
qu’elle soit mise en établissement de santé.
Pendant ce temps, Claude a emmené Camille vivre chez
elle comme elle l’avait promis à sa sœur. Cette semaine,
elle fut cependant informée qu’elle ne pouvait pas
garder Camille et prendre des décisions la concernant
à moins qu’elle ne soit nommée tutrice par le
tribunal.
Les
parents de Véronique ou sa sœur devront présenter
une requête au tribunal afin de demander l’ouverture
d’un régime de protection. Le tribunal désignera
alors la personne qui administrera les biens de Véronique,
ainsi que celle qui s’occupera de la protection et du bien-être
de sa personne. C’est également le tribunal qui désignera
la personne à qui la garde de Camille sera confiée.
Cas
3
Jacques
et Lucie sont mariés depuis dix ans. Une belle journée
d'été Jacques plonge dans la piscine de son
voisin. Malheureusement, il n'avait pas remarqué que
la piscine à cet endroit ne faisait que quelques pieds
de profondeur et conséquemment se heurta violemment
la tête au fond de celle-ci. Quand il a ouvert les yeux,
il était à l’hôpital et seule sa tête
et ses bras bougeaient encore. Jacques ne peut entrevoir de
vivre dans cet état, lui qui était un amateur
de sports et qui, de plus, travaillait comme monteur de ligne.
Après
en avoir discuté avec sa femme et l’avoir convaincu
du bien fondé de sa décision, Jacques a signé
devant témoins un mandat en prévision de son
inaptitude. Ce mandat désigne Lucie comme mandataire
et indique à celle-ci de refuser tout traitement qui
aurait pour but de le soigner ou de l’alimenter lorsqu’il
sera incapable de refuser lui-même. En effet, Jacques
a décidé de refuser de s’alimenter et il risque
de sombrer dans le coma. En exprimant clairement par écrit
ses volontés avant d’être incapable de s’exprimer,
Jacques s’assure que son désir sera respecté.
Ainsi, si Jacques sombre dans le coma, Lucie pourra refuser
qu’il soit alimenté de force.
Cas
4
Irène
est âgée de 60 ans et est veuve depuis environ
dix mois. Avant le décès de son mari, elle avait
une santé fragile, mais dans l’ensemble elle se portait
bien. Depuis le décès de celui-ci son état
de santé tant physique que mentale s’est détérioré
de façon très rapide. Certaines journées
elle a des périodes de lucidité, mais généralement
elle est incapable de vaquer à ses occupations quotidiennes
et de prendre des décisions concernant la gestion de
ses affaires.
Irène
n’a qu’une fille qui vit à Vancouver et une sœur âgée
de 65 ans. Elle n’a jamais fait de mandat en prévision
de son inaptitude, elle n'y a même jamais pensé.
Si elle avait signé un tel mandat, Irène aurait
pu choisir la personne qui aurait eu la charge d’administrer
ses biens et de prendre soins d’elle si quelque chose lui
arrivait. Aujourd’hui il ne lui est plus possible de faire
un tel mandat, car elle n’a plus toutes ses capacités
mentales. C’est donc le tribunal qui nommera la personne qui
sera responsable de la gestion des affaires d’Irène
et de la protection de sa personne.
Cas
5
Mylène
est une jeune entrepreneure de 33 ans qui possède une
entreprise de graphisme avec Carla l’une de ses amies. Elles
ont des parts égales au sein de la compagnie et elles
s’occupent toutes deux de la gestion de celle-ci. André,
le père de Mylène, est un homme d’affaires prospère
qui insiste pour les aider dans leur gestion d’entreprise.
Mylène et Carla ont toujours refusé qu’André
s’immisce dans la gestion de leur entreprise.
En
octobre 1999, Mylène a été victime d’un
grave accident automobile. Depuis ce temps, elle est dans
le coma mais les médecins sont confiants et pensent
qu’elle peut s’en tirer. Entre temps, André a été
nommé tuteur, c’est lui qui s’occupe de la protection
de Mylène de même que de l’administration de
ses biens. Comme l’entreprise de graphisme fait partie des
actifs de Mylène il peut également gérer
la part de celle-ci dans l’entreprise.
Afin
d’éviter que quiconque s’immisce dans leur entreprise,
Mylène et Carla auraient toutes les deux dû faire
un mandat en prévision de leur inaptitude. Ainsi, elles
auraient pu prévoir que l’autre copropriétaire
de l’entreprise aurait la charge d’administrer les affaires
de la personne inapte durant la période de son inaptitude,
tout en nommant un parent pour s’occuper du bien-être
de sa personne.
Cas
6
Madame
et monsieur Labbé sont mariés depuis vingt-cinq
ans et ils ont deux enfants. Ils travaillent tous les deux
et contribuent en parts égales aux dépenses
de la famille. Ils ont un compte de banque conjoint, ainsi
que des comptes personnels et des placements. Aucun des deux
conjoints n’a de mandat d’inaptitude. En novembre 1998, madame
fut victime d’une attaque cérébrale qui lui
a occasionné de graves séquelles neurologiques.
Elle n’est maintenant plus en mesure de prendre des décisions
que ce soit en ce qui concerne son état de santé
ou en ce qui a trait à l’administration de ses biens.
Même
s’ils sont mariés depuis longtemps, monsieur ne pourra
pas entreprendre de gérer les biens de son épouse
comme il l’entend, sauf si des actes urgents et nécessaires
à la conservation des biens sont requis. En effet,
comme madame ne lui a jamais confié le mandat d’administrer
ses biens et d’assurer la protection de sa personne, il devra
faire une requête au tribunal afin d’être nommé
curateur ou tuteur. Tant que cette autorisation ne lui sera
pas accordée, il ne pourra pas administrer les biens
de son épouse. Pour en connaître plus sur la
procédure d'ouverture de régime consultez notre
texte : Que se passe-t-il
si je n’ai pas de mandat d’inaptitude et que je ne peux plus
m’occuper de moi-même ou de la gestion des mes affaires?
Le
fait d’être marié ne donne pas au conjoint le
droit d’administrer les biens de l’autre lors de son inaptitude,
un mandat écrit doit avoir été signé.
Cas
7
Diane
a 35 ans et pour la plupart des personnes, elle semble un
peu excentrique depuis les trois dernières années.
En effet, parfois elle donne l’impression d’une jeune femme
calme et réservée, alors que d’autres fois sa
personnalité est extravertie et agressive. Compte tenu
son caractère, Diane est incapable de conserver un
emploi plus d’un mois ou deux et elle dépense son argent
sans compter. Comme ils s’inquiètent pour elle, ses
parents réussissent à la convaincre de consulter
un médecin. Après plusieurs analyses, les médecins
viennent à la conclusion que Diane est schizophrène.
Il
y a cinq ans, Diane a rédigé un mandat en prévision
de son inaptitude. Dans ce mandat, elle a donné la
charge d’administrer ses biens et de prendre soin d’elle à
son cousin Pierre-Luc. Ce dernier est cependant décédé
l’automne dernier lors d’un accident de chasse. Compte tenu
qu’elle n’a pas signé de nouveau mandat et qu'aucun
mandataire remplaçant ne fut nommé dans son
mandat "maison", c’est le tribunal, suite à la présentation
d’une requête, qui devra désigner la personne
qui aura la charge d’administrer les biens de Diane et de
s’occuper de la protection de sa personne.
Il
faut prendre soin de signer un nouveau mandat en prévision
de son inaptitude lorsque la personne nommée décède
ou devient elle-même inapte, ou régulièrement
lorsque des changements surviennent.
Cas
8
Louis
est un homme très actif, il travaille en tant qu’électricien
et il pratique régulièrement plusieurs sports.
Il cohabite en union de fait avec Patricia et ils ont deux
enfants. Louis est conscient qu’il doit prendre certaines
précautions pour protéger sa compagne et ses
enfants, dans l’éventualité où il lui
arriverait quelque chose. Il a donc fait rédiger et
a signé un mandat en prévision de son inaptitude.
Il a nommé sa conjointe Patricia pour s’occuper de
l’administration de ses biens et du bien-être de sa
personne. De plus, il a nommé son frère Victor
à titre de remplaçant en ce qui concerne l’administration
de ses biens, dans l’éventualité où Patricia
refuserait cette tâche où qu’elle soit elle-même
devenue incapable. Il a également prévu que
les sommes nécessaires pour ses charges familiales
et pour les besoins des enfants pourraient être prélevées
dans ses comptes en banques ou de ses placements.
En
octobre 1998, Louis est devenu incapable d’administrer ses
biens suite à un grave accident. Compte tenu des circonstances
et du choc que lui a occasionné cet accident, Patricia
ne se sent pas capable de prendre en charge l’administration
des biens de Louis. Puisque Louis avait prévu une telle
situation, c’est son frère Victor qui administrera
ses biens. Patricia, quant à elle, s’occupera seulement
de la protection et du bien-être de Louis.
La
signature d’un mandat en prévision de l’inaptitude
permet donc de s’assurer que c’est les personnes désirées
qui administreront nos actifs et prendront les décisions
relatives à notre personne. Il est toujours préférable
d’avertir les personnes choisies et de s’assurer qu’elles
sont intéressées à remplir cette tâche.
Cas
9
Louise
cohabite depuis plusieurs années avec Carl et ils ont
trois enfants. Au fils des ans, Louise a amassé des
biens qui ont maintenant une valeur assez importante. Elle
a toujours géré ces biens elle-même avec
l’aide de son comptable. Elle est cependant consciente que
s’il lui arrivait quelque chose, Carl ne serait pas en mesure
de gérer ses biens, car il n’y connaît rien.
Elle
décide donc de rédiger de signer un mandat d’inaptitude.
Dans ce mandat, elle désigne Carl pour s’occuper d’elle
si elle devient inapte. En ce qui concerne l’administration
de ses biens, elle décide de la confier à une
société de fiducie. Elle est certaine que de
cette façon ses biens seront gérés adéquatement
et que son conjoint et ses enfants ne manqueront de rien.
Si
Louise devenait inapte, Carl serait celui qui s’occupera de
sa personne et la société de fiducie, quant
à elle, gérerait et ferait fructifier les biens
de Louise. De plus, selon ce qui est prévu au mandat,
elle verserait à Carl les sommes nécessaires
aux charges du ménage et aux besoins des enfants.

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